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Pour maintenir une parole fluide

Pour maintenir une parole fluide / Barbara A. Tien. Burnaby, BC : Down Syndrome Research Foundation, 1999.

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Barbara A. Tien, B.Sc. SLP (C) (directrice générale, programme PREP)


Le terme fluidité se rapporte au rythme et à la régularité de la parole. Tout le monde est sujet à des dysfluences normales de la parole. Nous prenons tous des pauses et répétons souvent des mots lorsque nous sommes distraits, fatigués ou stressés. Le problème prend de l'ampleur chez les personnes ayant des habiletés langagières immatures, des problèmes de motricité ou une faible tolérance au stress. Typiquement, la fluidité devient une source d'inquiétude lorsque la personne a de la difficulté à sortir des mots, qu'elle manifeste de la tension (p. ex., elle fait des grimaces ou des clins d'?il ou évite les contacts visuels) ou que la fréquence et la sévérité des dysfluences deviennent alarmantes pour la famille. Lorsque ces dysfluences se transforment en tendance habituelle, on qualifie le trouble de « bégaiement ».


Pour la plupart des gens, les dysfluences sont intermittentes, et aucune tendance fixe ne s'installe. Toutefois, chez les enfants aux habiletés langagières immatures, des dysfluences habituelles peuvent se développer si l'enfant parle trop vite ou trop lentement, s'il est stressé ou fatigué ou s'il est incapable de compenser des problèmes d'apprentissage tel qu'une faible capacité de récupération des mots. Par exemple, si l'enfant ne se rappelle pas le mot qu'il veut prononcer, il se peut qu'il répète des mots entiers ou certains sons parce qu'il est aux prises avec un « blanc ».

 

Pourquoi les dysfluences surviennent-elles ? Voilà une question qui n'a pas de réponse facile. Parents et enseignants doivent trouver de l'aide auprès d'un orthophoniste qualifié pour aborder leurs préoccupations individuelles. Ils doivent aussi comprendre que les dysfluences ne sont pas volontaires; elles sont le résultat de facteurs environnementaux ou de facteurs liés à l'enfant lui-même. La fluidité normale ne sera pas restaurée tant que les causes sous-jacentes ne seront pas déterminées et corrigées. Dans le cadre d'une session d'orthophonie individualisée, l'élève apprend des stratégies conçues pour l'aider à reprendre le contrôle et à parler avec plus de fluidité. Plus important encore, parents et enseignants apprennent des stratégies et des techniques d'adaptation qui leur permettent non seulement de réduire leur stress, mais aussi celui de l'enfant.

 

Il est crucial d'examiner les facteurs environnementaux qui pourraient contribuer au stress. Un manque de sommeil, de pauvres habitudes alimentaires et des problèmes de santé influent tous sur le sentiment de bien-être de l'individu et déterminent sa capacité de se débrouiller face au stress. Les taquineries, le harcèlement, des attentes trop élevées à l'égard de l'apprentissage et une déprime générale peuvent se manifester sous forme de réactions comportementales et ce, tant à la maison qu'à l'école. Les effets qui en découlent sont imprévisibles. L'enfant risque de mouiller le lit, de sucer le pouce, de manifester une agressivité atypique ou, éventuellement, de se mettre à « bégayer ».

 

Dans le cas des enfants atteints de trisomie 21, les facteurs liés à l'enfant sont nombreux. Ces enfants sont plus sujets aux troubles de la fluidité en raison de problèmes de développement langagier reliés au vocabulaire, à la récupération des mots, au langage expressif et réceptif, à l'articulation, au contrôle du rythme et du volume et au séquençage. Par exemple, les retards moteurs et l'hypotonie ont un impact sur la vitesse avec laquelle les muscles responsables de la parole peuvent produire et séquencer les sons de sorte à transformer ceux-ci en mots et les mots en phrases. L'inintelligibilité de la parole d'un enfant découle souvent de ces dysfluences parce que l'enfant se débat pour se faire comprendre. L'introduction de signes, de symboles, d'images et de mots imprimés peut aider à atténuer sa frustration et à réduire le stress associé à la communication verbale.


Idéalement, les difficultés qu'ont les individus atteints de trisomie 21 à assimiler et à produire le langage devraient inciter les autres à parler lentement, à répéter les instructions ou les questions par « morceaux » afin d'en faciliter l'assimilation et à s'attendre à un temps de réponse plus long. Cependant, dans les domiciles et les contextes sociaux animés, les échanges rapides entre différents interlocuteurs créent de la pression. La vaste majorité des enfants atteints de trisomie 21 ne parviennent pas à acquérir les habiletés langagières (p.ex., parler à tour de rôle, respecter le fil de la conversation et savoir poser des questions et donner des réponses) nécessaires pour disputer la parole aux autres. À n'importe quel âge, la capacité de l'enfant à maintenir une parole fluide en conversation peut être rapidement épuisée, et l'apparition de dysfluences est prévisible. Il est essentiel que l'enfant travaille ses habiletés conversationnelles dans le cadre de jeux de rôle inspirés par des situations sociales (p. ex., accueillir et prendre congé des gens) afin de réduire le stress associé au fait de parler en public.


En attendant d'avoir accès aux services d'un orthophoniste, tout le monde doit garder son calme et se concentrer sur l'enfant afin qu'il se sente à l'aise de parler. Il n'est pas rare qu'un enfant aux prises avec des dysfluences devienne hésitant à l'idée de parler lorsqu'il se rend compte que sa difficulté à articuler les mots est alarmante pour les autres. Pour leur part, parents, frangins et enseignants ont de la difficulté à maintenir un air calme et une contenance réceptive lorsqu'un enfant se débat pour communiquer. Il faut respecter l'hésitation de l'enfant à répondre aux questions ou à parler devant un groupe, et il ne faut pas le forcer à « performer ». Typiquement, les dysfluences affichent des tendances. Il est toujours utile de documenter les moments où les dysfluences sont inquiétantes, ainsi que les interlocuteurs devant qui elles se produisent.

 

Voici quelques stratégies positives à l'intention des parents et des enseignants :

    • demeurer à proximité;

    • maintenir le contact visuel;

    • maintenir une expression sérieuse;

    • limiter les interruptions, peu importe la source;

    • donner l'exemple d'une écoute tranquille;

    • attendre que l'enfant ait terminé.

Découragez les conversations simultanées (p.ex., deux enfants parlent en même temps pour se disputer l'attention de leurs parents) et faites l'éloge du tour de rôle. Les remontrances du genre « ralentis », « n'arrête pas » ou « tu peux faire mieux » sont inappropriées et ne font qu'intensifier le stress qu'éprouve déjà l'enfant, aggravant ainsi les dysfluences. Il est important que la famille, les éducateurs et les amis manifestent, par leurs mots et leurs actions, leur acceptation de l'enfant et la reconnaissance que celui-ci fait de son mieux pour communiquer. Les parents des élèves plus âgés doivent reconnaître l'existence d'un problème et rassurer les enfants qu'ils ne sont pas seuls à l'affronter. Il ne faut pas faire semblant que tout va bien lorsqu'un enfant a besoin d'aide. Plus la personne qui écoute est ouverte et réceptive, plus l'enfant sera détendu et plus il sera possible que les dysfluences s'atténuent. Par exemple, une voix apaisante et une parole lente et rythmique fourniront un modèle de langage que l'enfant pourra imiter et qui facilitera souvent l'acquisition d'une parole plus fluide.


Il est crucial que les parents reçoivent des conseils professionnels pour aider leur enfant à reprendre le contrôle et à retrouver une parole fluide. Il est risqué de négliger le problème car, faute d'intervention thérapeutique ou de counseling destiné aux parents, les dysfluences peuvent devenir habituelles. En plus de provoquer une baisse de l'estime de soi et des problèmes d'apprentissage à l'école, le bégaiement qui en découlera risque de compromettre les projets d'avenir de l'enfant. Le fait d'obtenir rapidement une aide professionnelle permet de déterminer les facteurs qui déclenchent les dysfluences et d'enseigner aux parentes des stratégies appropriées pour aider leur enfant à retrouver une parole fluide et confiante. Malgré les défis de communication que doivent relever les enfants atteints de trisomie 21, on peut rassurer les parents que, finalement, la plupart des individus réussissent à maintenir une parole fluide.

 

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Barbara Tien est fondatrice et directrice générale du Programme PREP, une école et centre de ressources pour personnes atteintes de trisomie 21 à Calgary. Orthophoniste de sa profession, Barbara surveille les programmes de la petite enfance ainsi que les services d'aide au langage et à la lecture et des services de conseil professionnel pour enfants. 


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